Sauver à court terme ou penser le long terme ?
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Le lac du glacier d’Arsine, au Monetier-les-bains n’existait pas il y a vingt ans. Le glacier fond et la montagne cède. Ce paysage est en train de naître d’une catastrophe. Dans les Écrins comme ailleurs dans les Alpes, ces lacs se multiplient : proglaciaires, supraglaciaires, sous-glaciaires, et leur comportement est imprévisible : certains se vident progressivement, d’autres, comme au glacier de Bonne Pierre au-dessus de la Bérarde en juin 2024, lâchent tout en une nuit. On recense aujourd’hui 139 dépressions glaciaires dans les Alpes françaises.
C’est un symptôme et de plus en plus, une facture : vidanger un lac au bulldozer pour ‘éviter les dommages en aval’ coûte 450 000 euros dont 80 % pris en charge par l’État, c’est-à-dire par nous tous…. On peut se demander ce que l’on sauve exactement, et pour combien de temps. Des routes, des villages, des infrastructures construites dans des vallées que le glacier occupait hier et que l’eau réclame aujourd’hui. La pratique se dit préventive mais elle parie sur une stabilité que le climat ne garantit plus. Parer à l’urgence sans questionner ce qu’on cherche à maintenir, c’est peut-être repousser l’inévitable à coup de deniers publics.
Violaine, membre du conseil collégial